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30 Avr

 niveau de lecture à partir de 8 ans

Jeunesse | 102 pages | 9,00€ | format: 131/215 mm 

 Extrait :

0 – Avant de commencer …

 Quelques petits mots avant que je vous raconte cette histoire… Elle est vraie, je l’ai entendue en allant pêcher les grenouilles. Certes, j’avais pas de canne, ni de seau, mais j’ai pêché une belle histoire en écoutant Johnny John et Jean-Jean parler de leur cabane et des problèmes qu’ils avaient…

J’ai moi aussi des cabanes quelque part dans un coin de ma tête, parmi mes souvenirs. Il y a une cabane en fougères qui coupent les doigts quand on les cueille. Qui sent les vacances, qui nécessite un entretien régulier parce que la fougère fane très vite au soleil de la Bretagne, et d’ailleurs sûrement, mais mes souvenirs sont d’ici. Où il faut faire attention parce qu’il paraît que les vipères sont dans la fougère ; alors, on fait toujours du bruit quand on y arrive. J’ai une cabane dans un arbre, avec des mots de passe pour entrer, des mots de passe très compliqués et  pas pour les grands, que pour les enfants. J’ai une cabane pleine de trésors d’enfance que j’aimerais retrouver, des voitures, un Ambroise du manège enchanté en miniature, des chars que mon père me ramenait, des bonbons, pleins de trucs qui ont une importance un jour donné. J’aimerais retrouver aussi un mulot qui court sur les planches vermoulues, une machine à bulles, des bulles bleues qui claquent en laissant des tracent sur le vitres quand il y a trop de savon. Il y a des cabanes dans son lit avec les draps et les oreillers empilés pour faire de la hauteur au toit, une lampe de poche, un livre, un peu plus de gagné sur la journée en cachette.

         Aujourd’hui, il y a des cabanes près de chez moi. Rien ne change, toujours des mots de passe compliqués qu’on est pas bien sûr de se rappeler mais ce qui est vrai c’est que ce n’est certainement pas celui que les grands croient avoir découvert ! Il y avait une cabane dans un arbre, mais l’arbre a été coupé sans qu’on fasse attention qu’il y avait une cabane, avec pas seulement deux trois planches mal ajustées, un bout de tissus comme porte, fenêtre ou drapeau, mais une cabane, pleine de jeux d’enfants, pleine de rires et de secrets confiés à voix basse. Seuls les oiseaux et les fourmis entendent. C’était la cabane de Jonas et d’Estéban et parfois des filles. L’arbre est coupé. « C’est pas grave m’a dit Jonas, avec une moue tout de même pas très satisfaite ». Peut-être que c’est pas grave,  mais il faudrait faire attention avant de couper un arbre qu’il n’y ait pas  de cabane. Pour prévenir les enfants qui y habitent. Qu’ils aient le temps de déménager certaines choses ….

 1 – Johnny John

 Les vacances de Pâques commencent demain. À l’école, dans la cour de récréation, les conversations vont bon train. Chacun d’expliquer à l’autre ce qu’il va faire durant ces quinze jours sans devoir, ou juste un peu, et de se donner rendez-vous pour jouer ensemble. Depuis quelques jours, il fait beau. Tant mieux. Les parents sont contents. Cela laisse présager des vacances agréables et surtout, les enfants pourront aller jouer dehors et donc laisser les parents tranquilles. En tout cas, c’est ce que pense la maman de Raoul. Et plus les jours se rapprochent des vacances, chaque matin, chaque soir, elle lève les yeux et adresse une petite prière discrète vers le ciel :

–             S’il vous plaît, quinze jours de soleil pour qu’il ne traîne pas dans mes

pattes ! Rien que quinze tout petits, petits, petits jours de beau temps… Après, vous ferez ce que vous voulez ! Merci d’avance.

 Et puis elle repart vers le poulailler, s’arrête, re-regarde vers le ciel comme si

une goutte de pluie venait de la provoquer, prend un air implorant et un peu effrayé et rajoute :

–             Euh… (elle se racle la gorge pour s’éclaircir la voix) et s’il vous plaît, 

pas d’avion, de kangourous, de « brouettes-dilligences », de piranhas, ou autres idées aussi farfelues les unes que les autres. Des vacances tranquilles pour lui et pour nous, oui, tranquilles. Merci, merci et… et… et merci. Puis elle reprend la direction du poulailler en marmonnant.

          Lui, c’est donc son fils, Raoul, ou plutôt Johnny John. Si sa maman espère avoir des vacances tranquilles, c’est que les vacances de Noël n’ont pas été de tout repos. En effet, malgré la jambe dans le plâtre[1], sa pauvre mère a passé tout son temps à lui courir après. Ce n’est pas qu’elle ne l’aime pas son Johnny John, bien au contraire, mais elle ne veut pas « tourner bourrique », comme dit l’oncle du turbulent garçon.

À Noël, Jean-Jean, le copain d’école et de tous les jours de Rao… – oh pardon, de Johnny John ! – était bien venu passer quelques jours à la maison, mais les deux éclopés ne semblaient pas perturbés par les jambes dans le plâtre. Bien au contraire ! Les béquilles faisaient de magnifiques fusils pour tuer les hors-la-loi. Et des hors-la-loi, il y en avait un paquet du côté de chez Johnny John.

Le premier fut François, le frère de Johnny John qui aurait, paraît-il, tenté de voler le troupeau de vaches de Johnny John. Heureusement, fin tireur et accompagné de son fidèle ami Jean-Jean, il avait préparé une embuscade pour le voleur. Une bonne ficelle tendue entre les deux battants de la porte de la grange et hop, voilà François qui fait un vol plané à travers la grange. Heureusement pour lui, la réception s’est faite en douceur sur le tas de paille. Pour ce qui est des deux cow-boys, ils se sont fait tirer les oreilles. Ils n’avaient pas prévu qu’ils ne pouvaient pas s’enfuir avec leurs plâtres et ce n’était pas bien difficile pour François de leur mettre la main dessus.

Le père des deux enfants était plié de rire sur son tracteur. Mais, malgré tout, ce fut le second hors-la-loi. Par contre, il fallait être plus discret pour l’attaquer. Il connaissait toutes les ruses de Johnny John, et Johnny John avait un handicap. Il ne pouvait donc pas se déplacer comme les Indiens, sans faire de bruit. Avec les béquilles, son arrivée était toujours précédée d’un grincement, d’un cliquetis,  enfin, d’un bruit bien reconnaissable au bout de quelques jours, sur le carrelage. Il était donc facile de savoir qu’il était dans les parages.

 Ils avaient décidé d’attaquer la diligence, c’est à dire la camionnette. Ils se sont glissés sans faire trop de bruit à l’arrière, et se sont mis sous la couverture qui sert à recouvrir les fruits et les légumes, quand son père va quelquefois au marché.

 Allongés l’un contre l’autre, Jean-Jean, Johnny John et les deux paires de béquilles, ont attendu toute la matinée que la camionnette démarre…. Pas de papa… Pourtant, il avait bien décidé la veille de descendre en ville chercher du ciment à la coopérative. Mais, donc, pas de papa ! Au bout de quelques Heures d’attente, et le ventre commençant à crier famine, à gargouiller et à faire plus de bruit que les béquilles sur le carrelage, ils sont sortis de leur cachette afin de tenter de repérer le hors-la-loi qui contrariait leurs plans, et surtout pour se rapprocher du poulet cuit… Après interrogatoire de la squaw qui habite dans le tipi en parpaings, pas de course, pas de ciment, pas de coopérative ouverte le vingt-quatre décembre, seulement un père qui perd la mémoire ! Pas de chance pour ce « fils de coyote », expression favorite de Johnny John depuis le dernier western vu à la télé, il va être pendu haut et court à la plus basse branche du pommier dans le jardin. Évidemment la squaw ne le lui conseille pas ou le Père Noël ne risque pas de trouver l’entrée de la cheminée le soir même. Johnny John se dit que c’est un bon argument pour le gracier, mais dans un murmure promet à Jean-Jean que ce n’est que partie remise et qu’il passerait au goudron et aux plumes… juste après le passage du Père Noël.

         La mère ne fût jamais hors-la-loi. Il valait mieux pour Johnny John passer inaperçu auprès d’elle. Chacune de ses bêtises la mettait assez en colère comme ça pour que Johnny John ne cherche à attirer, encore une fois, les foudres de sa mère.

Le hors-la-loi suivant fût encore ce pauvre Célestin, le facteur. Depuis qu’il les avait fait attendre pour rien près de la fontaine, ils avaient décidé de l’embêter à nouveau. Fallait-il qu’il soit maudit ou qu’ils le fassent mourir de peur ? Après quelques jours de réflexion et Noël passé, l’idée est venue en lisant une bande dessinée. Ils allaient s’attaquer non pas à Célestin directement, mais à la boîte aux lettres.

–             Oui, oui, répéta Johnny John à Jean-Jean, à la boîte aux lettres !

 En effet, Célestin faisait sa tournée en vélo, et de la boîte aux lettres à la maison, il y avait quelques centaines de mètres à parcourir en montant. Ainsi, pendant quatre jours, ils installèrent leur quartier général dans le grenier, en face de la boîte aux lettres, jumelles aux mains pour surveiller l’arrivée de Célestin et vérifier la bonne marche de leur plan.

Premier jour, rabat de la fente de la boîte aux lettres collée. Pas moyen pour le pauvre facteur de glisser du courrier et le journal. Persuadé que le battant est gelé, il s’évertue à souffler de l’air chaud pour tenter de faire fondre une glace inexistante. Comme il n’y parvient pas, il ne lui reste plus qu’à faire les mètres qui le séparent de la maison en vélo et en soufflant. Une fois le courrier déposé, Célestin descend en essayant de ne pas glisser sur les flaques d’eau gelées. Peine perdue, il finira sur les fesses !

Et d’une !

          Le soir même, on annonce à la météo des températures très basses. En dessous de zéro. Johnny John est Heureux de surprendre une conversation entre son père et François. Il leur faut rentrer la tonne à eau afin d’éviter qu’elle ne gèle. Johnny John sort discrètement, branche le tuyau d’arrosage et laisse couler l’eau dans le chemin qui mène à la boîte aux lettres. Résultat, le lendemain : une belle patinoire et Célestin qui monte à pied tout doucement en pestant, et en se disant que le métier de facteur est de plus en plus dangereux. Arrivé à la maison, il prend un coup de rouge, accepte la bouteille que la mère de Johnny John lui donne en s’excusant pour la boîte aux lettres collée, qu’elle ne le savait pas, et pour la patinoire, qu’elle ne comprend pas parce qu’il n’a pas plu et qu’hier c’était pas comme ça ! Bref, Célestin repart après un troisième coup de rouge d’un pas bien assuré, et hop, au premier virage, le voilà qui descend la pente les quatre fers en l’air, et s’arrête dans la boîte aux lettres. Le reste de la tournée aura le goût, l’odeur et la couleur du vin, la bouteille n’a pas tenu le coup.

Et de deux !

 Le troisième jour, la boîte aux lettres est décollée, mais Johnny John et Jean-Jean ont tenu à réparer eux-mêmes les dégâts occasionnés par Célestin. Son père ne se rend pas compte que cela cache une bêtise, trop heureux d’être débarrassé de ce travail supplémentaire. Boîte aux lettres raccrochée sur son piquet, ce dernier monté sur un vieux ressort de matelas. Un fil de pêche à la base de la boîte, et une cachette pas trop loin pour attendre Célestin. Quand il arrive, il vérifie que le battant s’ouvre. Un sourire et il prend le courrier dans sa sacoche, et va pour le glisser dans la fente. Mais la boîte aux lettres recule au moment où il approche sa main. Célestin sursaute, recommence et bien sûr, la boîte recule. Il se frotte les yeux, se dit qu’il n’est pas encore passé prendre son apéritif chez Monique, et que « bon sang de bon sang de bonsoir : il y a bien une explication logique ! ». Sur ce, Célestin descend délicatement de son vélo, commence à siffler en regardant le ciel, l’air de rien, et tout à coup se jette sur la boîte. Johnny John et Jean-Jean, surpris, tirent le fil. La boîte se penche, se penche et CRAC, le fil se casse ! D’un coup sec, le ressort se détend, la boîte repart immédiatement dans l’autre sens et c’est le choc avec la tête de Célestin. Le pauvre tombe sur les fesses. Une bosse commence à lui pousser sur le front, il semble complètement perdu. La boîte aux lettres balance tranquillement en éparpillant les lettres qui étaient légèrement introduites dans la fente. Les deux enfants, eux, se retrouvent à cause du craquement du fil, allongés dans l’herbe, l’un sur l’autre, sans oser bouger pour ne pas être repérés. Au bout de quelques instants, Célestin reprend son vélo et repart en zigzagant, le regard dans le vide. Maintenant, les deux complices peuvent rire comme des bossus, le facteur n’est pas en état de les entendre.

Et de trois !

 Le jour suivant, Célestin arrive en vélo toujours avec sa bosse sur la tête. Il s’arrête à quelques mètres de la boîte, sort un flacon de sa sacoche, et en boit un petit coup pour se donner du courage. Puis, sans quitter la boîte des yeux, il prend un sac en plastique de sa poche, met le courrier dedans et le jette près de la boîte. Au moment de remonter sur son vélo, une voix l’interpelle :

–             Oh Célestin ! Le courrier, c’est dans la boîte qu’il faut le mettre !

 Surpris, le facteur se prend les pieds dans son vélo et se retrouve encore une fois par terre.

–             Quoi ?

–             Célestin, le courrier se met dans la boîte aux lettres !

 La voix est grave et métallique à la fois. Elle vient de nulle part. Éberlué, Célestin reprend son flacon et reboit un petit coup.

–             C’est qui qui cause ?

–             C’est pas bon de boire Célestin ! Tu ne me reconnais même pas.

–             Où t’es ? Qui c’est qui m’cause ? J’trouve pas ça drôle !

–             Célestin, il faut mettre le courrier dans la boîte. Après, tu pourras aller

chez Monique.

–             Bah ! Comment tu sais que j’vais chez la Monique ? Montre-toi !

–             C’est la boîte aux lettres qui te parle. Approche et tu m’entendras.

–             C’est pas possible, oh non, c’est pas possible. J’ai jamais entendu une

boîte aux lettres me parler. C’est encore une farce. C’est toi Raymond ?

–       Non, c’est pas Raymond, j’te dis que c’est la boîte aux lettres qui te

parle. Approche, approche, colle ton oreille à ma fente que je te murmure mon secret.

 Peureux, mais un peu curieux, Célestin s’approche d’un pas hésitant vers la boîte.

–             Approche encore un peu plus… voilà… encore… bien… colle ton oreille…

 Au moment où Célestin met son oreille à la fente de la boîte, les deux enfants, cachés dans le grenier, hurlent dans la boîte métallique posée contre un talkie-walkie que Jean-Jean a reçu à Noël. La voix changée par la boîte de conserve explose dans le second appareil déposé dans la boîte aux lettres, volume réglé à fond. Le pauvre Célestin fait un bond qui le met encore une fois par terre, se frotte l’oreille, finit son flacon, monte sur son vélo et part en pédalant à toute vitesse, un bourdonnement dans l’oreille, l’air ahuri.

         Et de quatre !

          Le pauvre n’est pas venu au travail le lendemain, ni le surlendemain. Un mal de tête l’a cloué au lit durant deux jours. Le lundi suivant, pas de courrier chez Johnny John, mardi non plus, encore moins mercredi. Pas de courrier jusqu’à ce que le père de Johnny John rencontre le facteur qui lui a raconté ses difficultés à déposer le courrier depuis quelque temps et plus spécialement chez lui. Certes, son père à beaucoup ri dans la voiture après avoir quitté Célestin, mais comme il l’avait promis au facteur, il s’arrangerait pour que tout rentre dans l’ordre. Évidemment les deux garçons ont eu le droit à une petite explication avec le père, et le dernier piège qu’ils avaient préparé pour Célestin devait être oublié à tout jamais. Terminé les hors-la-loi. Désormais, ils passeraient les derniers jours de vacances chacun chez eux, et Johnny John pourrait se consacrer à son travail scolaire. Entre la tentative d’escapade en Australie et le pauvre Célestin, ils feraient mieux de se faire tout petits pendant quelque temps.

          Voilà une petite présentation de Johnny John. Ah si, j’oubliais de vous dire. En fait, comme vous le savez, il s’appelle en réalité Raoul, mais comme il n’aime pas ce prénom, il dit qu’il s’appelle Johnny John. John comme John Wayne, le cow-boy qu’il adore et dont il a vu tous les films. Johnny, c’est pour un autre cow-boy. Il ne sait plus lequel, mais c’est un cow-boy qui s’est bien battu contre des voleurs de bétails. Alors voilà, comme il y a aussi du bétail sur la ferme de ses parents et qu’il n’aime pas son vrai prénom, Johnny John c’est très bien. C’est dit, c’est tout !

A SUIVRE…

 © Lionel LAMOUR 2005

I.S.B.N : 2-9519911-1-8
Tous droits de reproduction, traduction, adaptation
réservés pour tous pays.



[1] Lire Johnny John – Tome 1 – Le Kangourou

3 commentaires to “JOHNNY JOHN tome 2”

  1. Lucile
    11 h 12 min on décembre 28th, 2012

    J’ai eu votre live à Noël et je viens de le terminer. Grâce au marque page, je suis sur votre site pour vous dire que j’ai beaucoup aimé cette histoire; c’est une bonne leçon pour les garçons. J’ai une cabane dans les bois à côté de chez moi et cela me donne des idèes. Dômmage que le premier livre de Johnny Jhon ne se trouve plus. A bientôt

  2. Axel
    18 h 07 min on janvier 14th, 2013

    bonjour ionel je viens de vous achete votre dernier roman au salon du livre sous le hall je ne regrette rien je n’en est pas perdu une miette il trops bien depecher vous d ecrire le deuxieme
    votre plus fidel admiratteur depuis 2 heure
    signe axel

  3. Camille
    18 h 11 min on janvier 14th, 2013

    coucou c camille j’ai lu ton livre et je l’adore comme les autre , j’attent ton livre avec impatience et je me demande quelle merveilleuse histoire je vais encore découvrir .
    j’éspère que tu ne ma pas oublié et que tu te souviens de ce que tu ma dit au salon du livre .j’ai aussi dit a toute mes copine ou étais ton stand et elles ons été voir tes livre .
    je me demande si tout va bien moi oui.
    salut oubli pas ton livre promis (hi! hi! hi!)
    a plus

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